LE SOLDAT
Le Soldat
Je t’écris de l’infirmeri(e)
mais il ne faut pas t’inquiéter,
la guerr’ est une vrai(e) boucheri(e),
je n’ai pas su la regarder…
Je me suis trouvé fac(e) à fac(e)
avec un gosse de vingt ans,
mon épaul(e) en garde la trac(e),
j’peux pas tirer à bout portant,
à bout portant…

Je n’aurai jamais de médaill(e),
de tout(e) façon, je n’en veux pas,
on nous traite comm’ du bétail,
oh..si tu savais comm’ j’ai froid…

Celui qui t’écrit c’est pas moi,
c’est un autre, c’est le soldat,
pas envie de parler de nous,
l’amour me paraît tell’ment fou…
Celui qui t’écrit c’est pas moi…
j’ai peur de rester ce soldat,
peur ne plus jamais pouvoir
me regarder dans un miroir…
celui qui t’écrit, c’est pas moi,
celui qui t’écrit c’est plus moi…

Je fais de d rôl(es) de cauchemars,
ici, ça tir(e) toute la nuit,
si tu pouvais voir leurs regards,
tu saurais qu’on n’a pas d’enn’mis…
Moi qui me croyais courageux,
j’ai encor’ des larm(es) dans les yeux…
y’a des homm(es) qui crient « maman »
et on tremble dans les deux camps…

Celui qui t’écrit c’est pas moi,
c’est un autre, c’est le soldat,
pas envie de parler de nous,
l’amour me paraît tell’ment fou…
Celui qui t’écrit c’est pas moi…
j’ai peur de rester ce soldat,
peur ne plus jamais pouvoir
me regarder dans un miroir…
celui qui t’écrit, c’est pas moi,
celui qui t’écrit c’est plus moi…

C’est plus moi….