LES CARROUSELS DE CHIMERE….
A chaque tour de carrousel,
je pass(e) et repass(e) devant ell(e)
je lui imagin(e) un(e) histoir(e)
à laquell(e) j’ai envi(e) de croir(e)…
A chaque tour, chaque passag(e)
sans détour, je la dévisag(e)…
et je vois dans ses yeux bleus
comm’ des envi(es), comm’des aveux…
Mon cheval mont(e) et puis descend…
il y’a un petit peu de vent…
elle sourit, baisse les yeux…
est-c’ que cela est bien sérieux…


Et moi je pass(e) et je repass(e),
ce tour sans fin est un(e) impass(e)…
tant que ça tourne tout va bien,
tourner en rond n’engag(e) à rien…
C’est une façon, une manièr(e)
de dir(e) qui sait…de dir(e) peut-êtr(e)..
quand le manèg(e) s’arrêtera
est-ce que vous serez encor(e) là… ?
J’voudrais que jamais ne s’arrêt(e)
cet espoir fou, cette promess(e)…
je veux tourner et m’étourdir…
les mots ne pas devoir les dir(e)….


Elle fait sign(e) à un enfant,
en agitant un foulard blanc,
c’est son neveu, c’est son cousin,
peut-êtr(e) l’enfant des voisins….
Puisqu’ell(e) est là sur mon chemin,
ça ne peut pas être le sien…
elle agit’ra d’autre fanion
pour le petit que nous aurons…
D’ailleurs nous aurons une fill(e),
avec des taches de rousseur
un(e) petit(e) blonde très joli(e)
qui aura les dent du bonheur….

Et moi je pass(e) et je repass(e),
pourtant jamais je ne me lass(e)…
c’est comm(e) une course sans fin,
tant qu’on tourn(e), on ne risqu(e) à rien…
C’est un(e) manièr(e), une façon
de ne pas prendre position...
quand le manèg(e) s’arrêtera
est-ce qu’elle sera encor(e) là… ?
Mais je voudrais qu’il tourn(e) encor(e)
qu’il m’ennivre et m’ennivr(e) encor(e)…
qu’il m’étourdiss(e) jusqu’à penser
qu’il est possibl(e) un jour d’aimer….

Et tous les dimanches je traîn(e)
dans les parcs, les fêtes forain(es),
et je cherch(e) entre les ballons
ma princess(e), ma Cendrillon…
J’imagine qu’un jour peut-êtr(e)
elle va me voir, me reconnaîtr(e)
derrièr(e) une barb(e) à papa…
une glac(e) frais(e) et chocolat…
Et nous aurions les mêmes rêv(es)
de forêt et de cerf-volants,
et de plag(e) et de bords de mer
et de grands fous rires d’enfants…

Toujours je pass(e) et je repass(e)
mais là,  la bell(e) a disparu,
je n’en trouv(e) plus aucune trac(e)...
au fond l’avais-je vraiment vu(e)… ?
Les carrousels encor(e) me saoûl(ent),
comm(e) les mots d’amour, comme la foul(e)..
et d’ailleurs, à ce que je vois…  
y’a plus qu’des famill(es) sans papa….
On f’rait mieux de tourner sans fin
ne jamais mettre pied à terr(e),
et se griser au doux crincrin
des carrousels de chimèr(e)

Mais les dimanch(es) après-midi,
on devrait rester dans son lit…

Anne-Marie Gaspard